Culture d’entreprise et cultures collaboratives

La culture d’entreprise est depuis quelques années reconnue comme une donnée essentielle du capital immatériel des entreprises. Mais derrière le mot « culture », quels sont les sens et les nuances qui ont un réel impact sur la compétitivité des entreprises ?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : la performance, la compétitivité, la volonté de gagner ou de préserver un avantage concurrentiel… Atteindre ces objectifs nécessite une connaissance claire de son fonctionnement interne et de son identité.

Connais-toi toi-même

Les Réseaux Sociaux d’Entreprises ne font plus polémiques aujourd’hui du point de vue technologique. Les spécialistes et experts informatiques proposent tous aujourd’hui des solutions à toutes épreuves pour redonner du sens au cœur des entreprises. Mais si ces mêmes solutions sont dépourvues de sens, la partie est perdue d’avance !

Pour que les technologies soient performantes, il faut aujourd’hui qu’elles s’intègrent à leur paysage social et organisationnel. C’est cette partie du processus qui est la plupart du temps occultée.

Gagner en productivité par le retour à la cohésion sociale et par un système d’information efficace, ce n’est pas adopter la meilleure solution sur le marché, c’est choisir les moyens de sa mise en œuvre dans l’organisation, et cette mise en œuvre dépend avant tout de l’environnement d’accueil.

Aussi, partant toujours du principe que les besoins et les usages sont le point de départ de la mise en place d’une technologie, il est nécessaire d’identifier les mécanismes socioprofessionnels et les modalités interactionnelles en place.

C’est la quête de l’identité profonde des entreprises, de sa culture.

L’entreprise, terrain de jeu culturel

L’identité et la culture d’entreprise sont des objets multi-facettes. Les définir n’est pas chose aisée, surtout quand la réponse n’est pas un élément figurant parmi les facteurs d’augmentation directe du chiffre d’affaire. Pourtant, la mise en place d’un RSE ne génère pas de retombées directes non plus, mais est identifié aujourd’hui comme un accélérateur de business non négligeable.

Pour revenir aux notions d’identité et de culture d’entreprise, il faut donc préciser que celles-ci peuvent (et doivent) faire l’objet d’un travail d’étude en amont de la mise en place d’un dispositif social, quel qu’il soit.

Cette étude peut être largement implémentée dans le processus d’intégration des RSE. Préalablement à l’analyse des besoins et à la rédaction du cahier des charges techniques et fonctionnelles, l’étude culturelle permet de synthétiser le visage social d’une organisation. Les outils sont nombreux et simples pour mener une enquête en interne. L’école anthropologique a elle-même dérivé des terrains exotiques vers la culture managériale et organisationnelle. Les grilles d’analyse et de lecture, les classifications et catégorisations des cultures sont autant d’outils méthodologiques qui permettent de dresser un portrait, une cartographie de votre entreprise.

Culture d’entreprise ou cultures d’entreprises

Culture d’entreprise, culture métier, culture corporatiste…

Tous ces termes ne sont pas des catégories de cultures d’entreprises mais des échelles de lectures, pas forcément opposables.

L’utilité dans le cas des RSE ? Avant de vous lancer dans l’acquisition d’un wiki, d’un forum ou d’un espace de travail collaboratif par direction, demandez-vous ce qui aura le plus d’écho au sein de vos collaborateurs ? Votre culture d’entreprise se définit-elle par sa dimension temporelle ou spatiale ? Sa culture est elle celle de l’écrit ou de l’oral ? Est-elle synchrone ou asynchrone ? Est-ce une culture froide ou chaude ? Adepte du « cru » ou du « cuit » pour reprendre la classification de Lévi-Strauss ? Vos collaborateurs s’identifient-ils à leur culture métier ou leur entreprise ? Et en négation de quelle entité se constituent-ils en communauté ?

Répondre à ces questions ne paraît pas à première vue être d’une grande aide pour doper vos ventes, mais qu’en est-il de vos équipes projets ?

Fournir les outils de travail les plus en phase avec leur culture et donc, leurs besoins professionnels, est sans nul doute gage de performance. Le sentiment d’appartenance, la motivation et l’engagement sont eux des critères allant de pair avec la productivité et la compétitivité. Pourquoi s’en priver ?

Et la technologie dans tout ça ?

Pour le malheur des DSI, la technologie ne peut plus être première et souveraine. Elle doit être assujettie à l’étude préalable des besoins et des usages et pas le contraire. Car après tout, il faut se poser la vraie question : Est-ce que mon objectif est d’acquérir une technologie (dont je ne saurais que faire…) ou est ce que mon objectif est de gagner en compétitivité ?

Identifier les mécanismes socioculturels dans les organisations, définir les besoins et les usages, et élaborer une solution technologique, tel est le cheminement logique qui redonnera du sens à vos projets mais surtout dans le travail de vos collaborateurs.

L’accompagnement et le conseil dans l’implémentation des outils collaboratifs est indispensable pour définir et gérer une stratégie d’innovation ouverte ou de travail collaboratif.

Depuis l’étude de votre identité jusqu’à la personnalisation des solutions en passant par l’analyse des besoins, l’accompagnement des organisations se veut le levier pédagogique qui permet (et permettra toujours) aux technologies de donner le meilleur d’elle mêmes…

Il ne reste plus maintenant aux décideurs et aux tops managers que de s’en apercevoir et prendre aujourd’hui quelques années d’avance sur les marchés de demain…

Par Xavier Davias

Consultant Human Connect

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